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Tabac et travail : quand la compétitivité s’envole en fumée

Défi de santé publique (plus de 70 000 décès chaque année), la lutte contre le tabac est également un enjeu économique pour les entreprises. En raison d’un absentéisme plus élevé chez les fumeurs… mais également d’une baisse de productivité liée à la dépendance.

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Absentéisme et présentéisme.

A l’origine de problèmes respiratoires et cardio-vasculaires, frein à la pratique du sport, le tabac rend les fumeurs plus vulnérables. D’autant qu’une pause cigarette dans le froid ou sous la pluie les exposent également plus que leurs collègues. On estime ainsi qu’en moyenne, un fumeur prendrait chaque année deux jours d’arrêts maladie de plus que ses collègues non-fumeurs.

Toutefois, au-delà de cet absentéisme plus élevé, l’impact sur l’entreprise se traduit également par une plus faible productivité. Depuis l’interdiction du tabac dans les lieux fermés, les fumeurs doivent en effet s’absenter de leur poste de travail pour leurs pauses-cigarette : 30 minutes en moyenne par jour (à raison de 6 minutes par cigarette), soit 2h30 par semaine. C’est souvent bien plus que les temps de pause autorisés par l’employeur. Le manque de tabac joue également sur la concentration et peut, par exemple, conduire un collaborateur à écourter une réunion.

Des tensions entre collaborateurs.

Souvent sous-estimée, la cohabitation entre fumeurs et non-fumeurs peut aussi être une source de conflits. Les seconds peuvent en effet s’irriter des temps de pause à rallonge de leurs collègues, de devoir partager des terrasses enfumées ou tout simplement de supporter l’odeur du tabac froid sur un open-space.

Sensibiliser les fumeurs.

Santé, argent, estime de soi, lutte contre les idées reçues… des programmes et des ateliers d’information peuvent aider les salariés fumeurs à trouver le déclic et la solution qui leur convient pour arrêter de fumer. Il n’est jamais trop tard.

Subventionner les aides à l’arrêt.

L’assurance-maladie ne rembourse que partiellement les substituts nicotiniques (patchs, gommes) et pas du tout les thérapies comme l’hypnose, la mésothérapie ou l’acupuncture. L’entreprise peut participer à l’effort financier du collaborateur par le biais de son assurance-santé collective.

Mettre en place un challenge collectif.

Par effet de solidarité, un sevrage collectif est plus efficace qu’un sevrage individuel.

Organiser un challenge ludique, au cours duquel les fumeurs pourront se défier amicalement, mais aussi se soutenir, crée une belle dynamique, plus valorisante que stigmatisante.

Promouvoir le Mois Sans Tabac.

Organisée chaque année en novembre par les pouvoirs publics, cette opération incite tous les fumeurs de France à arrêter collectivement de fumer pendant 30 jours. Dans le cadre du Mois Sans Tabac les entreprises peuvent bénéficier de kits pour sensibiliser leurs collaborateurs et organiser des événements de prévention en leur sein.

Impliquer les ex-fumeurs.

Pourquoi ne pas faire parrainer un fumeur désireux d’arrêter par un ex-fumeur ? Ce dernier sait ce que vit le fumeur en période de sevrage et pourra partager son expérience.

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